Contexte :
 
Les "grottes de Pech Curet" sont sises sur la commune de Salviac à quelques centaines de mètres du village de Pech Curet. La grotte du même nom est connue depuis toujours, mais ce sont des spéléologues de Limoges qui ont réellement fait l'exploration dans les années 50. Elle est connue pour sa grande salle d'entrée recelant de peintures..... non préhistoriques ! Après cette salle, plusieurs passages étroits mènent à une suite de passages et de puits, j'usqu'à une profondeur de - 40m environ. Le visiteur se souviendra toujours de l'amour que lui aura porté le lourd substrat argileux enduit sur tout le corps après la visite de cette partie !
 
Historique :
 
 
Par une journée ensoleillée de 1983, nous rendons visite (D. Lapeyre et Ad. Kadlecsovics)  à la grotte de Pech Curet (Commune de Salviac) afin de trouver quelques prolongements au niveau de la grande salle.
Bien qu'ayant fouillé tous les recoins, nous nous rendons à l' évidence : rien à trouver par là...
Qu' à cela ne tienne, nous ressortons et décidons de prospecter la colline de façon à repérer un éventuel accès à des galeries inconnues. Nous nous séparons pour couvrir plus de terrain.
Une heure plus tard, je repère une fissure de quelques 10 cms de longueur pour 5 de large à moitié cachée sous les pierres d'un vieux mur écroulé. La cavité exhale un courant d'air frais sensible.... mais rien à faire sans une désobstruction percutante.
Adrien arrive en renfort et nous nous mettons à élargir la fissure sur 20 cms de largeur et de profondeur jusqu' à ce que le marteau tombe par maladresse. Il est tard, nous décidons de revenir une autre fois, au moins pour récupérer l'objet qui a disparu 50 cms plus loin et plus bas...

Le samedi suivant, nous continuons la désobstruction. Une demi heure de labeur plus tard, le passage est certes étroit, mais pénétrable en se contorsionnant fortement. Adrien voulant récupérer son marteau, se faufile dans le passage étroit et s'arrête aussitôt dans un passage horizontal et étroit, dont le plafond est  rempli d' araignées.
Je passe donc devant en déblayant le passage avec les pieds, ca a l'air d' être plus grand derrière...
En effet, un mètre cinquante plus loin, c'est le noir complet et une salle déclive de bonne taille s'ouvre à nous.
Dès les premiers mètres, la présence d' objets préhistoriques (poteries) nous signale que nous sommes en présence d'un site ayant servi de refuge pour l'homme quelques milliers d' années auparavant.
C'est avec de grandes précautions que nous explorons une centaine de mètres de galeries, et nous nous arrêtons devant plusieurs passages à explorer et une trémie bouchant la galerie principale.
Les services de la DRAC seront avertis et une fouille de sauvetage aura lieu très rapidement, dirigée par JP Giraud.
Quelques temps plus tard, les premières fouilles ayant eu lieu, permission nous est accordée de reprendre les travaux de d'exploration et de désobstruction.
Quelques dizaines de mètres de galeries sont ajoutées, puis la trémie instable qui bouche la galerie principale est attaquée par lancer de pierre !
En effet, les blocs instables risquent de nous tomber dessus si nous nous approchons, c'est donc cette technique qui nous vient à l' esprit. Et ca marche ! A chaque pierre jetée habilement, correspond une avalanche de blocs. Petit à petit un trou noir apparait vers le haut, et dès que l' éboulis devient plus stable, j' entreprends l'escalade. Après avoir fini de déblayer, un passage légèrement remontant dans un premier temps nous laisse apercevoir une grande galerie descendante.
C' est l'euphorie... nous explorons systématiquement tous les passages qui se présentent à nous, cela semble ne jamais s'arrêter.
Après être arrivés à un gand carrefour avec une superbe racine venant du plafond remontant à plus de 10 mètres ( malheureusement celle ci n'existe plus, arrachée par un visiteur indélicat ), une descente importante dans un pierrier nous amène  à un puits d'une dizaine de mètres de profondeur.

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 photo :  Guillaume Van der Wissel
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Des aragonites embellissent le côté gauche de la galerie. Une escalade accrobatique au dessus du puits permet de descendre le long d'un grand bloc. Là, une coulée stalagmitique glissante et argileuse nous permet de continuer.
De nouveau, quelques aragonites égayent le bord de la galerie. Nous sommes à la base du puits précédent.

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Un peu plus bas, des ossements apparaissent, pris dans la calcite. Nous pouvons dénombrer du capridé et de l'ours des cavernes.

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                                                                   Griffades d'ours
 
 
 
Plus loin, une galerie argileuse remonte sur quelques mètres et montre de belles griffades d'ours sur les parois. Une descente fait suite, et dans un coin de salle, on peut voir les traces de sabots d' un équidé.

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Malheureusement, la galerie s'achève quelques mètres plus loin bouchée irrémédiablement par de l' argile.
Plusieurs fois nous reviendrons pour explorer plusieurs possibilités de continuation.
La cavité sera topographiée et le développement s'établit à quelques 500 mètres, pour 60 mètres de profondeur.
La topographie :  topo originale (1986) légèrement reprise pour des problèmes de publication ou Ici, topo récente 2014.
Une nouvelle entrée située sur une autre parcelle est ouverte depuis 2015.
La grotte de l'Addo s'appelle ainsi car il s'agit de la contraction des prénoms Adrien & Dominique... et non pour d'autres raisons farfelues parfois évoquées dans certaines publications par des pseudo scientifiques professionnels dotés de titres ronflants.... Clin d'œil

 

 

Galerie descendante derrière la trémie

 

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